L'INTERVIEW DES AUTEURSIvaldir : (Concernant la fiction Feydahd)
Pour le Refuge, Ugo Degrigny alias Le Bashar va répondre à nos questions. Ugo est membre de la Team Ivalda depuis sa création il y a un an et demi et est un programmeur Staredit de talent. Mais ce n'est pas le sujet du jour, nous allons tenter de présenter ton livre, intitulé Feydahd. Le premier tome de ce livre est terminé, le deuxieme est en cours d'écriture et la troisième et dernière partie encore à l'état d'idées.
La trame générale de l'histoire est présente dans ma tête d'une manière aussi claire qu'un souvenir depuis environ l'âge de 10 ans. Bien qu'à ce moment elle était très pauvre elle s'est enrichie proportionnellement aussi vite que j'ai grandi (et il se passe beaucoup de choses à cet âge) et rapidement tout cela est devenu tellement complexe et présent (je rèvais fréquemment de nouveaux passages la nuit, peut-être est-ce ainsi que j'en ai inventé la plupart) que je me suis dit qu'il fallait que j'exteriorise tout cela avant soit d'exploser soit de le perdre. Au début j'ai essayé d'en faire une bande dessinée mais je me suis vite aperçu que je n'étais pas assez talentueux pour ça alors j'ai fini par me décider à l'écrire, tout simplement. J'ai commencé en 1997, c'était en fin de troisième et en fait, surtout pendant ma seconde (c'est certainement l'année où j'ai le moins travaillé en scolaire...). J'ai été petit à petit conforté dans ce choix au fur et à mesure que je recueillais des avis positifs de mes proches sur ce travail (vraiment positif puisque généralement on me demandait la suite).
Après cette année-là j'ai changé de lycée et malheureusement les conditions n'étaient plus réunies pour écrire, comme en plus j'avais déjà évacué beaucoup de choses, ma jauge personnelle d'inspiration a mis plus de 2 années avant de se ré-remplir. Et c'est un peu grâce à toi, Ivaldir, que j'ai remis les choses en marche et que J'ai finalement terminé le premier tome 1 an après en avoir relancé l'écriture (en fait la première version terminé en six mois était trop simple et trop rapide, je l'avais écris trop vite en fonçant vers l'épilogue. six mois d'ajouts ont doublé la taille du roman et lui ont donné une vraie cohérence). Le second tome progresse lentement depuis lors. J'écris par à-coups et comme ils sera de toute façon beaucoup plus gros que le premier...Je suis parti sur une fiction futuriste parce que cela me laissait une liberté totale. En fait au début je n'y ai même pas réfléchi, parler du furtur me semblait normal. A postériori, comme mon histoire se penche sur l'évolution en général, il paraît logique que je me place dans le futur pour pouvoir embrasser des périodes de temps suffisamment longues pour être significatives.
Je suis plutôt du genre à faire un premier jet presque parfait et à ne le relire qu'une ou deux fois ensuite pour y changer quelques mots mais sans plus. Si à la deuxième lecture un passage ne me plaît pas et que je ne vois pas comment l'améliorer, je l'efface complètement et je recommence. la seule exception à cela c'est pour les premiers chapitres de l'Etincelle puisque je les ait révisés plusieurs fois, certains probablement une bonne dizaine de fois ! mais je n'aime pas travailler comme cela.
Je pense que ma méthode c'est améliorée dans la mesure où maintenant je ne cherche plus à atteindre une taille pour mon chapître : j'écris comme ça vient et quand ce que je voulais dire est dit, je m'arrête. Les chapitres ne sont plus tous de la même taille mais peu m'importe. Et de même je sais maintenant quand je trouve que ce que j'écris est mauvais, alors je m'arrête tout de suite avant de perdre trop de temps puisque je finirais de toute façon par tout effacer.
Le point sur le quel je pense pouvoir faire encore beaucoup de progrès c'est les dialogues. Je n'arrive toujours pas à les écrire facilement du premier coup et ils me font perdre beaucoup de temps...
Je multiplie. J'aime bien varier le narrateur, insérer des narration à la première personne par exemple, ou changer le style général de tout un chapitre. Je trouverais cela monotone si tout était identique, je ne sais pas si mes efforts sont très visibles à la lecture, mais je l'espère ! lol
Comme je le disais, en commençant cette histoire je n'ai pas réfléchi à tout cela. Ensuite quand j'ai travaillé la cohérence générale j'ai évidemment constaté que je n'inventais rien et que mes sources d'inspirations étaient multiples : il y a dans Feydahd du Dune, du Starwars, du Aquablue, du Thorgal et bien d'autres choses. J'ai fait quelques clins d'oeil volontaires : le général des forces spéciales de l'Union, par exemple, s'appelle "Fed Aykin", en référence aux Fedaykins de Dune, qui étaient eux-même une référence aux guerriers fanatiques islamiques de Mahomet. Les Terriens sont regroupés au sien de la FCTE - Fondation des Colonies Terriennes de l'Exode. Comment ne pas penser automatiquement à la Fondation de Asimov ? pourtant elles n'ont en commun que le nom. Il y a d'autre clins d'oeil mais c'est au lecteur de les découvrir.
Après une longue réflexion j'ai décidé de ne pas chercher à m'éloigner des oeuvres qui m'ont inspirées : cela aurait certainement gâché la mienne, je sais que je ne copie rien donc je ne cherche pas à ce que mon roman ne ressemble pas aux autres. Mes Feydars ressemblent aux fremen, certes, mais je parle du même sujet que Frank Herbert alors le contraire aurait été surprenant.
Donc plutôt que de cacher mes sources d'inspirations, je préfère les démarquer clairement, comme cela le doute n'est plus possible..
Les prénoms et noms de mes personnages sont inventés de toute pièce, et si certains font référence à quelque chose, la plupart ne sont que des noms. Les planètes je cherche à obtenir une certaine sonorité qui ira bien avec le rôle de la planète : Corserre, la planète pirate, Asyl, le refuge de l'Union, Tyrr la planète capitale... etc. Pour les personnages j'essaie de donner une ressemblance avec des styles terrestres actuels, ainsi Massad Karp a un prénom d'inspiration africaine et un nom plutôt germanique. Je ne crois pas que ces noms existent réellement mais après tout, tout est possible ! La preuve, j'ai découvert avec stupéfaction que Kérian et Waade mes deux personnages les plus importants sont deux noms qui existent réellement, il me semble même que Waade soit relativement courant aux USA. Mais je ne les ai pas changé pour autant et vous comprendrez pourquoi dans la suite de l'histoire.
Sinon ma méthode générale ressemble à celle de Asimov : je pars de sonorités existantes et je compose un nouveau nom que j'espère imaginaire sans pour autant qu'il soit difficile à prononcer (en tout cas pour des francophones !)
<Le Bashar> Bien sûr, mais je ne vous dirais pas lesquelles. Ce que je veux bien dire c'est que même si certains passages me paraissent perfectibles, je les trouve suffisamment bons pour les laisser tels quels.
C'est exact. Même si tout aujourd'hui nous indique qu'une galaxie telle que celle que je la décris est impossible car les humains auront disparu avant, je le fais. Et c'est justement un des piliers de mon histoire : je commence en décrivant quelque chose qui ne choque personne : une galaxie futuriste à la Starwars, et ensuite je vais dans l'histoire expliquer au lecteur que cette galaxie ne peut pas exister. Et pourquoi. En parler plus longuement ici serait malvenu mais sachez quand même que ma trilogie est une réflexion globale sur le développement humain en général qui part d'une question personnelle : je n'ai jamais réussi à comprendre comment l'être humain pouvait exister dans son état actuel (j'entend par actuel depuis que des cités et la monnaie existent puisque peu de choses ont réellement changées depuis lors). Le héros de mon histoire se posera aussi la question évidemment... .
On ne sait que ce que j'en dit dans le premier roman : les Cetfans sont un mystère, personne n'en a jamais vu et on ne sait même pas si ce sont réellement des extra-terrestres. La seule chose que la galaxie constate c'est que leur empire s'agrandit inexorablement et qu'une fois qu'une planète humaine est atteinte, personne ne peut plus jamais la visiter. Toutes les sondes disparaissent sans même envoyer le signal de leur destruction, les flottes militaires quelque soit leur importance disparaissent de la même manière. Au début de l'histoire, Kerian se demande même si les Cetfans ne sont pas en fait qu'une faction humaine plus avancée qui cherche à conquerir la galaxie. On ne sait donc rien d'autre que : "C'est mortellement dangereux".
Il existe d'autres expèces extraterrestres de moindre importance pour le récit qui ne sont que citées dans le premier tome. Mais globalement, l'espèce dominante la plus répandue est l'espèce humaine..
Effectivement. Et Dieu (s'il existe !) sait que les être humains n'aiment pas les choses inexplicables, inconnues, étranges... Les humains n'aiment pas ne pas savoir et quand ils ne savent pas généralement leur première réaction est plutôt brutale. Alors forcément tout dégénère. Je tiens à préciser quand même que dans le roman, tout commence à dégénérer sur une simple erreur de jugement d'un seul personnage. C'est Ligurt De Choivill qui, en prenant sa décision à la fin du prologue, entraine tout reste. Une folle escalade vers l'absurde, le premier tome c'est aussi cela..
Je ne fixe rien en effet car tout évolue et même pris à un instant donné, chaque personnage a des bons et des mauvais cotés. Au début de l'histoire pourtant, le lecteur devrait préférer l'Union car elle semble plus "démocratique", et ses dirigeants plus sympathiques. Je ne cherche pourtant pas à donner un message tel que "unissez-vous contre vos vrais ennemis". Je montre simplement que ce qu'on voit dépend du point de vue d'où l'on regarde et de la couleur de l'éclairage. Le lecteur aura besoin de comprendre ça pour lire le second tome. Kérian aussi en a besoin et c'est un peu son cheminement personnel qui peut résumer les idées du récit..
Comme je le disais, j'écris l'histoire non pas en l'inventant mais en ayant l'impression de redécouvrir un souvenir (se souvenir de l'avenir... c'est plutôt amusant, non ? ). Et dans ce souvenir, donc, Kérian est un personnage assez opaque. C'est un peu comme si je savais absolument tout de ce qui se passe autour de lui mais que je doive l'écrire pour voir quel effet cela produit sur ce personnage particulier. Ainsi donc j'ai une trame pour l'histoire, et pour les personnages, mais pour Kérian je n'ai que des "check-point" où je sais qu'il doit arriver mais sans savoir comment. Par ailleurs j'évite de le décrire physiquement trop précisément (comme pour les autres personnages importants d'ailleurs, je préfère que le lecteur imagine ce qu'il ressent - plus ils sont importants et moins je les décris) et l'incertitude qui me pèse pour sa trajectoire doit se ressentir dans ses hésitations et interrogations. Kérian est un personage très banal dans le prologue et puis d'un coup il se trouve forcé de se poser beaucoup de questions. Et plus il avance et plus les questions sont nombreuses et, par rapport à l'Univers en entier, importante. Au début il s'interroge sur lui, et à la fin il s'interroge sur la destinée de son espèce... Peut-être que le lecteur peut utiliser Kérian comme une balise à l'intérieur du roman pour s'interroger en même temps que lui et finalement avancer vers la solution. Mais attention ! Kérian est condamné à évoluer. Il ne pourra plus jamais voir l'univers comme il le voyait au début du prologue.
Par ailleurs je suis perpétuellement ennuyé par un aspect du personnage difficile à intégrer : plus le récit avance et plus Kérian est capable de choses qui l'éloignent irrémmédiablement des possibilités des êtres humains moyens. Je suis constamment gêné par le risque de basculer dans le "trop". Trop fort, trop puissant. J'ai lu de nombreuses histoires (et vu de nombreux films) dans lequel le héros est si puissant qu'on se demande bien comment il peut y avoir du suspense à suivre ses aventures. Sans cesse dans ce genre d'histoires l'auteur dresse des barrières plus grandes devant son héros qui devient encore plus puissant à sa victoire... au bout d'un moment tout cela devient ridicule et grotesque. J'écris de la SF, certes, mais j'aime croire que je garde un certain "réalisme". Et si Kérian peut tout, comment peut-il y avoir une histoire sur lui ? Mais j'ai heureusement pour moi trouvé la solution à cela. Ce sera pour le troisième tome, à la fin. Pour le moment, ce sont ses doutes qui le font rester humain et qui relativisent ses "pouvoirs"..
Je ne crois pas qu'il y ait de frontières entre la fantasy et la SF. Dans les chevaliers-dragon de Anne McCaffrey, cette différence n'existe pas non plus : au début on peut croire à de la Fantasy pure, mais ensuite on apprend que tout part d'une colonisation très "SF"... Après tout, ce qui différencie la Fantasy de la SF c'est que dans l'une on explique les pouvoirs par du mysticisme (magies, dieux...) et dans l'autre par de la technologie. A mon avis ces deux explications sont deux visions du monde, deux cosmogonies, et elle peuvent et doivent cohabiter. Ainsi les feydars expliquent leurs prouesses par de mystérieuses références qui semblent religieuses, et les terriens les expliquent scientifiquement. En fait peu importe l'explication, la seule chose qui compte c'est ce qui se passe réellement, si notre croyance l'explique, pourquoi chercher une autre explication même si la nôtre devait au final être fausse ?
Ainsi donc, les feydars prit juste sur Feyd semblent tirés d'un récit de Fantasy, et Kérian d'un récit de SF, mais ils se mélangent comme si de rien n'était malgré les incompréhensions de chacun des deux partis..
Il y a deux explications, l'une est mystique, l'autre scientifique, à vous de choisir :
- Feyd est une planète spéciale qui a déjà joué un rôle étonnant dans le passé puisque les humains qui la peuplent ont déjà dévié d'une autre souche d'une manière plutôt nébuleuse. Il existe donc sur Feyd quelque chose qui modifie ce qui l'entoure et ce quelque chose agit sur les êtres humains. Les Feydars croient que c'est une sorte de dieu, un esprit planétaire... et pourquoi pas, s'ils y croient ? Cet esprit aurait donc maintenu l'isolement.
- Feyd est une planètre très inhospitalière pour l'être humain, et elle ne semble pas déborder de richesses ni minérales ni énergétiques. Par ailleurs, elle se trouve dans une région périphérique de la galaxie, où les mondes habités sont peu nombreux et les relations commerciales interplanétaires plus faibles. Feyd a pu donc tout simplement être ignorée parce qu'elle ne présentait aucun intérêt... économique.
Je pense personnellement les deux explications tout aussi crédibles l'une que l'autre..
Le titre vient aussi du fait que "Kérian" en feydar, signife étincelle.
Encore une fois on peut croire ce que l'on veut : statistiquement parlant, c'est un pur hasard et l'aboutissement des évènements une coincidence. Dans ce cas Salat aurait pu faire des calculs statistiques et prévoir ainsi qu'il devrait bien arriver d'ici quelques millénaires qu'un autre homme s'échoue sur Feyd. Cependant, même ainsi, tout cela reste quand même assez incroyable. Maintenant on peut aussi croire que l'univers est gouverné par des êtres supérieurs, des dieux, des lois cosmiques, un destin universel ou quelque chose de similaire et dans ce cas tout cela était prévu à la virgule près. Peu importe l'explication pourvu qu'elle explique à celui qui la croit les évènements observés. Après tout, l'explication qui sera en définitive retenue sera celle des survivants : s'ils étaient religieux ou scientifiques, ce que l'Histoire en retiendra sera tout de même très différent... et ce sera quand même la vraie explication. Jusqu'à la prochaine..
Difficile à dire : ses possesseurs en ont pour le moment plutôt réservé l'usage dans une sorte de "prudence de l'objet neuf" - un tel engin est tellement exceptionnel qu'on aurait presque peur de l'utiliser pour ne surtout pas l'abimer... mais si on ne l'utilise pas, aussi stupéfiant soit-il, il ne sert rigoureusement à rien. L'histoire du Doigt de Dieu n'est pas finie, et donc le message qu'il véhicule non plus. En tout cas, il me sert à mettre en lumière des paradoxes : le premier d'entre eux est son nom. Pourquoi le symbole ultime de la civilisation technologique porte-t-il un nom si mystico-religieux ?
La Sufrile est un symbole, c'est le pétrole de l'époque. On pourrait la comparer avec l'Epice de Dune mais ce serait une grave erreur : l'Epice-Mélange se renouvelle et son utilisation apporte la stagnation. Alors que la Sufrile est une réserve fossile et qui présente donc les problèmes inhérents à cette condition. Elle peut être utilisée pour faire des choses fantastiques mais malheureusement ces choses ne pourront durer éternellement puisqu'elle ne se renouvelle pas. Doit-on dans ce cas utiliser à fond cette ressource en espérant qu'avant qu'elle s'épuise on aura trouvé un ersatz ou doit-on se priver complètement de son utilisation et de ses éventuels bienfaits ? le CIE et les êtres humains ont déjà répondu à cette question. Les défauts du CIE sont évidents : alors même que l'exploitation de la Sufrile est limitée dans le temps et ne doit servir qu'à rechercher un remplacement, le CIE a tout intérêt économique à, au contraire, multiplier sa consommation exclusive et à écraser toute naissance d'alternative qui deveindrait une concurrente. Au bout du compte le CIE dépense toute son énergie à s'auto-maintenir alors qu'il devrait préparer sa succession. Il s'agit certainement là de la référence avec notre présent la moins bien cachée dans mon livre, mais bon, ce problème est un grave problème tout de même et le fait que je n'ai pas cherché à vraiment le dissimuler ne retire rien à son importance.
Pourquoi se préoccuper de la Sufrile plus que des Cetfans ? c'est simple, les Cetfans sont encore loin, on a encore le temps, rien ne presse, on s'en occupera en temps voulu... etc. Les dirigeants d'un système tel que le CIE ne peuvent pas voir et surtout comprendre la menace avant qu'elle ne les détruise car ils sont trop préocuppés par eux-mêmes. On ne sait plus très bien quelle est leur motivation d'ailleurs, sous l'épaisse couche de leur névrose. Mais peut-être ne la connaissent-ils plus non plus ? Pourquoi ammassent-ils de l'or sans fin ?... parce que, c'est tout, na ! le mystère (en tout cas pour moi) reste entier..
C'est exact. Jusque là la Cosmoguarde était le grand ennemi avec une figure de chef maléfique (comme Sauron ou Dark Vador) mais ce serait un peu simpliste. Le soldat O'Neil est là pour nous rappeller que les guerres sont le jeu de ceux qui ne la font pas. A ce moment donc la Cosmoguarde fait un pas vers la sympathie, alors même que dans la suite c'est l'Union qui s'en éloigne d'un pas. Logiquement, à la fin du premier livre, on se sait plus trop si il y a bien un "gentil" entre l'Union et la Cosmoguarde..
mm... C'est très difficile à expliquer. Une partie de l'explication le fait ressembler à "la Force" de starwars. mais une partie seulement car il n'y a nul côté obscure dans le Qeidal. Pour résumer, le Qeidal c'est l'énergie de la Vie. Si l'on pouvait fabriquer en laboratoire, atome par atome, un être vivant, il ne serait pas vivant car nous n'aurions pas pu lui donner de Qeidal. Ceci rejoint une théorie de biologistes de l'époque de Descartes et Cie qui postulaient qu'une telle énergie existait et que c'est elle qui faisait la différence entre la matière vivante et la matière morte. On les appelle les vitalistes. Il me semble que cette théorie, bien que tombée en désuétude, compte encore quelques adeptes. Mais le Qeidal c'est plus que l'énergie des vitalistes, le Qeidal c'est aussi une forme de communauté planétaire, un peu comme dans le modèle de Gaia de James Lovelock : la planète est un être unique et chaque animal et chaque fleur sont comme chacune de nos cellules dans notre propre corps. Dans ce cas, le Qeidal devient également le moyen de communication entre ces éléments. Dans notre corps ce sont des cellules nerveuses qui jouent ce rôle, à l'echellon supérieur, c'est le Qeidal.
Si vous avez un peu compris, vous découvrirez vous même quelles sont les possibilités offertes par le contrôle du Qeidal (exemples : parler avec des animaux, oui. détruire le soleil, non. transformer de la matière, oui. lancer des flammes avec ses yeux, non). Le Qeidal n'est pas un "pouvoir" que les gens ont ou n'ont pas, c'est un moyen de communication, que les gens peuvent apprendre ou ne peuvent pas. Seulement, pour pouvoir l'apprendre il faut y croire et c'est pour cette raison qu'il n'y a pas de côté obscur : si on comprend le Qeidal, alors on ne peut plus être une particule "déviante" de l'organisme vivant planétaire, on ne peut pas par exemple utiliser le Qeidal à ses fins personnelles. C'est tout simplement impossible.
De toute façon, vous découvrirez en même temps que Kérian tout ce qu'implique le Qeidal, les solutions qu'il apporte et... les problèmes qu'il pose..
Comme je le disais plus haut, il y a deux réponses à cette question et aucune des deux n'est moins valable que l'autre. Mais pour vous triturer les neurones je peux quand même vous dire que le dernier roman, à la fin, donnera une explication qui satisfait les deux points de vue cités plus haut. Intringuant, non ?
Encore une autre question pour le moment sans réponse. Le premier tome pose cette question, Kérian se la pose mais vous n'attendrez pas la réponse très longtemps puisque dans le deuxième tome des éléments de réponses arrivent. On peut dire que dans la galaxie décrite dans le premier tome, celle de la Cosmoguarde et de l'Union, l'autodestruction est très claire. Alors même que la menace des Cetfans grandit, il n'a été entreprit aucune action contre eux pendant tout le premier livre !
Le message est relativement simple : il n'y a pas de limite supérieure à la stupidité. Je ne crois pas qu'une civilisation sera jamais capable de détruire complètement une planète, mais détruire la vie qu'elle héberge, oui. Nous même pourrions déjà le faire sur Terre... Ainsi dans Feydahd, contrairement à Universal War One, la planète n'est pas réellement détruite, c'est seulement sa biosphère qui est anéantie.
Je pense que si nous avions réellement les moyens de faire de telles choses quelqu'un les déclencherais un jour ou l'autre. Nous avons déjà sur Terre une liste très impressionante de ce que les Humains peuvent faire pour repousser les limites de la barbarie...
Bien sûr, ils ne font que commencer. Je dirais même que les massacres ne seront plus seulement interhumains désormais et que la notion même de massacre, et de guerre, va se trouver sérieusement mise à mal, en même temps que les notions de bien et de mal et juste et injuste. Le Feydahd est un "super-jihad", qui se déroule dans tout l'univers, et en mélant toutes les espèces, et toutes les religions ou idéologies dans une lutte incompréhensible pour la suprémacie. Mais la suprémacie de quoi ? les participants eux-mêmes ne sauraient le dire..
Pour comprendre. Kérian, encore plus que tout autre personne, sent que l'univers va plonger dans un feydahd dont il ne ressortira peut-être rien du tout. Il veut comprendre pourquoi cela se produit-il et, aussi, comment l'éviter. Comment stopper l'irréparable. Il parcourt la galaxie d'abord parce qu'il n'a plus de port d'attache : son monde natal a disparu dans l'empire Cetfan, et son monde d'adoption, Feyd, n'a pas connu un meilleur sort. Il parcourt la galaxie parce qu'il sait que même si tout cela paraît inéluctable, il doit exister dans l'univers lui-même la solution pour préserver la Vie. Je ne parle pas ici de l'espèce humaine, mais de la Vie au sens large, même si en fin de compte il n'est possible de préserver qu'une simple bactérie qui de plus n'est même pas d'origine humaine, ce sera toujours mieux que rien. C'est ce que pense Kérian puisque, souvenez-vous je le dit plus haut, le Qeidal dont il se trouve maintenant hautement conscient est une émanation de la Vie. Et donc ce qui lui paraît être le plus important et finalement le plus Juste, c'est d'essayer de la préserver. A tout prix..
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