[Trésor de l'animation] Brisby et le secret de N.I.M.H.

Fiche technique

Brisby et le secret de N.I.M.H.

Synopsis

C'est l'époque de la moisson, tout les animaux des champs se préparent au Grand déménagement pour éviter de finir sous les roues de la charrue. Mais madame Brisby, petite souris de son état, a d'autres soucis. Son mari, Jonathan, vient de succomber à une attaque du chat de la ferme et comme si cela ne suffisait pas, un de ses souriceau est très malade, une pneumonie lui diagnostiques-t-on ! Impossible alors dans son état de bouger du parpaing où la famille a élu domicile... en plein milieu du champ !
Mme Brisby engage alors, bravement, une course contre la montre face au tracteur pour sauver famille et foyer. Cette quête l'amènera à rencontrer les étranges rats du rosier sauvage et à découvrir qui était réellement son mari.

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Analyse détaillée

 Madame Brisby : le courage

 La première chose que l'on constate en regardant ce personnage c'est le flagrant contraste avec les autres personnages principaux. Mme Brisby ne porte pas de prénom, est vêtue d'une simple cape en lambeau, sait à peine lire grâce à son mari, ne fait pas preuve d'un intellect brillant ou de capacité hors du commun.
 Mme Brisby n'est qu'une petite souris des champs miséreuse et anonyme comme beaucoup d'autres. Les prédateurs, la charrue, les endroits sombres et dangereux, les humains effrayent au plus haut point cette petite boule de poils.
Mais ce que les autres n'ont pas, c'est son courage. A l'instar du semi-homme Frodon qui contre toute attente s'avère être le seul à pouvoir sauver le monde, c'est la petite souris qui parviendra à sauver TOUTE sa famille face à un danger qui paraissait insurmontable tout en permettant aux êtres qui lui sont si supérieurs en tout de sortir de leurs moribondes querelles pour enfin évoluer vers leur âge d'or.
Loin d'être une folle de guerre, c'est avec une peur viscérale qu'elle brave la mort dans l'unique but de permettre à sa famille de continuer à vivre. Assaillir un tracteur en marche, demander conseil au Grand Hiboux mangeur de souris, aller chercher secours auprès des énigmatiques rats, affronter le chat Dragon meurtrier de son mari, autant d'épreuve que tout les autres animaux des champs auraient renoncé à accomplir quitte à sacrifier l'une de leur progéniture.
Mais pas Mme Brisby, son amour pour ses enfants est plus fort que toutes les peurs et l'on peut apercevoir toute sa tendresse dans l'unique chanson du film (Flying Dreams Lullaby, merveilleusement interprété dans la version française) alors qu'elle soigne son Thimothé souffrant.
 Une icône de courage qui se verra récompensé à la fin des évènements alors que tout semblait perdu.
 
 

Les rats de N.I.M.H. : les élus à double visage

 L'autre élément qui constitue toute la partie mystérieuse et même fantastique du film est bien sûr les rats de N.I.M.H.
 N.I.M.H. est l'acronyme de National Institute of Mental Health, organisme qui existe véritablement aux États-unis. Dans le film, cet institut nous est dépeint comme menant des expériences douteuses sur la manipulation génétique et testé sur des souris et des rats, montrant au passage le sort cruel réservé aux animaux de laboratoire.
Comble de l'ironie, les expériences seront une réussite totale voire au-delà des espérances mais "le miracle ne fut pas dévoilé aux savants". Mettant à profit leur nouvelle intelligence, les cobayes s'évadent avec succès (mais non sans perte) et se réfugient dans le rosier sauvage d'une ferme.
Les rats de N.I.M.H. (ainsi que les deux souris survivantes) sont des êtres exceptionnels, illuminés par rapport à leurs homologues sauvages. Après leur mutation, ils ont su lire, actionner des mécanismes, réfléchir à des plans, fabriquer des vêtements et autre, construire une base souterraine à l'insu des humains, mettre en place une société, un gouvernement, même s'imaginer un futur radieux. Certains ont même développés des capacités que même les humains considèrerais comme surnaturelles !
Il semble qu'en fait les manipulations génétiques aient eu pour effet de transmettre toute les possibilités des hommes dans ces rats. Ainsi ils sont doués de morale, trouvant indigne de devoir voler l'électricité au fermier alors que c'est un élément vital pour leur survie, poussant certains d'entre eux à imaginer un plan pour devenir autonome, ne les forçant plus à flouer d'autres pour leur propre intérêt. D'un autre côté, certains développe un attrait pour le pouvoir voire le sang. Le plan ne plait pas à tous, qui voient dans leur "société de consommation" un avantage et un confort certain. Le changement fait peur, l'inconnu aussi.
Ainsi malgré toute la puissance dont ils ont hérités, les rats subissent les mêmes travers que les hommes, certain cherche à l'utiliser au mieux, d'autres voient une domination certaine par rapport aux espèces, poussant l'arrogance à même défier les Hommes s'il le fallait. Discours démagogique, ambition démesurée, complots, meurtre tout ceci fait aussi parti de l'héritage légué aux rats de N.I.M.H.
 
 

Don Bluth : l'anti-Disney

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le réalisateur a eu la volonté de trancher avec les univers bucoliques et enchanteurs des films de Disney qu'il a lui même très bien connu pour y avoir travaillé.
Don Bluth n'a pas peur de malmener son public : le film est sombre, parfois écarlate ou noir lors des scènes intenses, parfois lumineux lors des scènes féériques. Finit l'édulcoration : la mort rôde et peut frapper à tout moment, les atrocités existent, les combats font rage dans la boue, les personnages peuvent saigner et/ou mourir. Je crois que c'est d'ailleurs le seul dessin animé où j'ai vu le méchant principal périr d'un coup de poignard dans le dos, ironiquement lancé par un de ses complices qu'il avait blessé à mort.
L'animation est de très bonne facture, tendant à reproduire le plus fidèlement des mouvements réalistes. On sent que les animateurs se sont donnés à fond dans ce projet porté quasi à bout de bras et fabriqué presque dans le garage de la maison de Bluth.
Certaines scènes sont tout simplement dantesques. Brisby part à l'assaut d'un tracteur en pleine course dans une atmosphère rouge sang rappelant qu'à tout moment elle peut finir découpée sous la charrue ou tuée par le fermier. Idem lors de l'attaque du chat Dragon ou du combat finale à l'épée.
L'exploration du rosier, avec toutes ses épines et ses chaires qui bougent, est faite dans une obscurité oppressante avant d'être contre-balancée par une lumière féérique lorsque les rats allumeront toutes les ampoules grâce au pouvoir de l'électricité. Soulignant tant la majesté que la puissance de cette société souterraine.
 La visite chez le Grand Hiboux a tout de la visite au cimetière avec son ambiance fantomatique et son ossuaire à souris. N'importe quel enfant à au moins tremblé lorsque l'immense nocturne fait pivoter sa tête sur son axe de 180° du haut vers le bas dans un écœurant bruit de nuque brisé.
Vers la fin du film, tout n'est plus que boue, pluie et noirceur. Cette ambiance est là pour marquer le fait que les plans du méchant Jenner sont en passe d'entraîner la société des rats de N.I.M.H. dans la boue justement.
L'une des scènes clé lors de l'explication sur ce qu'est N.I.M.H. est tout bonnement hallucinante. Les rats subissent des injections qui transforment petits à petits leurs gènes, cette transformation est dépeinte de manière abstraite dans une séquence tout bonnement apocalyptique induisant toute la douleur de cette épreuve.
La dernière scène commence par une épreuve des plus choquantes psychologiquement, la famille de Brisby ayant finalement périt enterré vivant sous des montagnes de boue et cette dernière ayant faillit subir le même dans un effort aussi désespéré qu'inutile de les sauver. Et puis alors que toute le monde se retrouve désemparé de tristesse, le miracle se produit. C'est néanmoins au prix de brûlures graves au mains que l'héritage mystique de Nicodemus fait œuvre et sauve famille et logis dans une explosion d'or. Cette illumination dorée est aussi la manière dont conclut la plupart de ses œuvres l'un des autres grand maître du cinéma d'animation, Miyazaki !
 
 

Aller plus loin

 Don Bluth

Don Bluth est un animateur et réalisateur qui a au début de sa carrière officié chez Disney, notamment sur la Belle au bois dormant. Il se trouve que le projet Brisby a d'abord été présenté tel quel aux studios Disney mais ces derniers rejetèrent la proposition, jugeant le sujet trop dur et trop risqué financièrement.
 Furieux, Don Bluth quitta les lieux et provoqua un schisme énorme aux seins des studios, emportant avec lui tout les animateurs désireux d'enfin faire des œuvres un peu plus mâtures, retardant d'un an la production de Rox et Rouky. Le film en salle fera un honnête score sans plus, se révélant plus porteur une fois sur le marché de vidéo. Néanmoins le film retint l'attention de Steven Spielberg qui décidé d'aider la jeune société de Bluth en produisant son métrage suivant : Fievel et le nouveau monde.
Depuis Bluth c'est fait remarqué par nombre de longs métrages tout aussi adultes et poignant qu'injustement boudés par le public. Brisby, Fievel et le nouveau monde, Le petit dinosaure et la vallée des merveilles, Charlie mon héros, Rock'O'Rico, Pousselina ou encore Anastasia tout ces chefs-d'œuvres méconnus sont de lui.
 Un des pionniers et des héros de l'animation plus adulte.

Ertaï et Cathaseris aiment cet article

Les derniers commentaires

Ertaï Ertaï il y a plus de 2 ans

Mais, finalement, tout le monde à part moi l'a vue, ce dessin animé ! icon_eek
Pourquoi pas se faire une petite projection sur Paris ? icon_smile3

Cerbère des Portes de la Fiction Dragoris il y a plus de 2 ans

Whaaaa mais c'est pareil pour moi. Il y a une scène qui m'a marqué lorsque j'étais enfant, c'était les yeux rouges qui apparaissaient dans le sombre cactus lol.

Sinon, j'ai également vu Fievel et le nouveau monde (mais que je n'ai pas trop apprécié lorsque j'étais petit, mais je n'aime pas cette partie de l'histoire américaine de toute façon).
Le petit dinosaure est vraiment un excellent dessin animé, j'ai dû le voir plus de vingt ou trente fois étant petit lol, mais je crois que la suite est vraiment moins bien.
Rock'O'Rico je ne l'ai vu qu'une fois, mais j'ai vraiment adoré.

Mais évidemment, j'étais vraiment très petit pour m'en souvenir réellement.
Mais moi je ne les trouve pas méconnus ces dessins animés. En particulier Le petit dinosaure.

Landroov Landroov il y a plus de 2 ans

Pareil pour moi.
Je l'ai vu quand j'étais petit, surtout vers la fin, il y a des passages dans le film qui m'étaient incompréhensible vu mon âge.
J'avais apprécié le combat entre le méchant et son sbire, mais par contre j'étais un peu choqué de voir du sang coulé au terme de cette lutte.

il y a plus de 2 ans

Même chose.

Je me souviens de ce dessin-animé par bribes. Une séquence vers la fin, ou je crois maintenant me souvenir que c'était le parpaing, qui était soulevé hors de la boue par un mécanisme des rats je suppose à présent...

Faudrait que je le revois parceque je l'ai jamais oublié. C'est le genre de production que j'ai envie de retrouver un jour et de classer dans ma liste de films préférés.

Cathaseris Cathaseris il y a plus de 2 ans

Je me rappelle l'avoir vu mais j'étais petit et bien que je me souviennes avoir bien aimé, j'avais pas tout compris. Ce petit post me donne envie de le revoir.

Aka Guymelef Aka Guymelef il y a plus de 2 ans

J'ai prévu de faire un article sur Fievel également icon_smile3
Néanmoins ce ne sera pas le prochain, pour le suivant je compte vous parler d'un film de Disney méconnu (et oui ça existe).

Ertaï Ertaï il y a plus de 2 ans

Aaaaaah, Don Bluth sourire3

Je le connais bien pour avoir vu Fievel et le Nouveau Monde et l'avoir apprécié bien plus que beaucoup d'autres productions Disney. J'en garde le gimmick "Jamais dire jamais" énoncé par le goéland sourire3

Je suis content d'apprendre que le succès de ce film-ci a permis à Don Bluth d'obtenir des investisseurs pour produire de nouveau films, du coup je vais sans doute essayer de le regarder un de ces quatres icon_smile3

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